Comprendre enfin le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

Temps de lecture : 5 minutes

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Le SOPK est le dysfonctionnement hormonal le plus courant chez les femmes en âge de procréer. On estime qu’1 femme sur 10 en souffre et qu’il est la première cause d’infertilité féminine. L’origine de cette maladie est encore mal connue si bien que des informations erronées sur le SOPK sèment un tout petit peu la confusion. Il n’existe pas de traitement néanmoins des palliatifs permettent un mieux-être dans le quotidien des femmes. Comment le comprendre ? Comment y faire face ?

Je t’explique tout dans cet article.

Sommaire

  1. Le SOPK est causé par quoi ?
  1. Le cerveau et les ovaires : les principaux foyers de la maladie
  2. Les facteurs génétiques et épigénétiques à ne pas négliger
  3. L’obésité comme terrain fertile
  1. Comment diagnostiquer le SOPK ?
  1. Les principaux symptômes
  2. Les manifestations secondaires
  1. Les complications du SOPK
  2. Comment soulager la maladie ?

L’essentiel de cet article

  • Le SOPK est causé par un dérèglement des hormones régulatrices du cycle menstruel : la LH, la FSH, et l’AMH. Par ailleurs l’hérédité, l’épigénétique, et l’obésité sont des motifs qui prédisposent les femmes à l’apparition de la maladie.
  • Les causes profondes de ce dysfonctionnement hormonal n’ont pas encore été découvertes par la science.
  • Le SOPK est diagnostiqué au moyen d’une prise de sang et d’une échographie pelvienne.
  • Les symptômes principaux du SOPK sont un cycle menstruel irrégulier causé par l’absence totale ou partielle de l’ovulation, l’hyperandrogénie ou hirsutisme, et une prise soudaine de poids. 
  • L’infertilité, les grossesses à risque, le cancer de l’endomètre, les maladies métaboliques et cardiovasculaires sont tous des complications du SOPK.
  • Le traitement du SOPK est symptomatique : les mesures hygiéno-diététiques, les pilules d’œstrogènes et de progestérone se sont révélées efficaces pour réduire les symptômes et booster la fertilité.

Le SOPK est causé par quoi ?

Ce qu’il faut retenir d’entame est que les causes du SOPK sont multiples.

Le cerveau et les ovaires : les principaux foyers de la maladie


La science nous apprend que les foyers des perturbations hormonales se situent au niveau du cerveau (centralisé) ou des ovaires (décentralisé) et parfois dans les deux zones simultanément chez une même personne.

Pour faire simple…

Tu as 02 hormones dont la production est stimulée par l’hypophyse et qui agissent sur les ovaires : l’hormone lutéinisante (LH) et l’hormone follicostimulante (FSH).

La FSH sélectionne environ 10 follicules au début de ton cycle et les fait maturer au niveau des ovaires. Le follicule dominant achèvera sa maturation pour produire un ovocyte prêt à être fécondé.

Le taux de LH augmente en milieu de cycle. 48h avant. Il déclenche l’ovulation et stimule la production de la progestérone après l’ovulation pour préparer l’utérus à la nidation.

Une autre hormone décentralisée est présente tout du long, l’hormone antimüllérienne (AMH).

Elle est produite par les ovaires. Son rôle est de réguler la fonction des autres hormones. Elle est constante. Son taux ne varie jamais contrairement à la LH et la FSH.

Cette symbiose digne d’une symphonie est rompue entre les trois hormones en cas de SOPK.

Les taux de LH, de FSH et d’AMH sont trop perturbés pour encadrer le déroulement d’un cycle menstruel d’où la faible ovulation et l’anovulation.

Et par ailleurs les ovaires se mettent à produire en excès des hormones androgènes.

Les hormones androgènes sont des hormones sexuelles mâles. Chez l’homme elles sont produites en grande quantité. Elle lui donne tous les attributs biologiques masculins : voix grave, pilosité abondante, développement de l’appareil génital, etc.

Par contre chez la femme elles sont produites en quantité minimes.

Les hormones androgènes sont sécrétées par les testicules chez l’homme, les ovaires chez la femme, et les glandes surrénaliennes.

Les facteurs génétiques et épigénétiques à ne pas négliger

60 à 70 % des filles nées d’une mère souffrant de SOPK en seront affectées au courant de leurs vies.

L’épigénétique est l’étude des mutations qui activent ou désactivent certaines gênes sans toucher à l’essence de l’ADN d’une mère à sa fille, par exemple.

Dans le cas du SOPK, l’épigénétique renforce la transmission de la maladie via des facteurs in utero (pendant la grossesse) tels que l’alimentation, le stress, la pollution, l’exposition aux phtalates, au bisphénol, etc. Ceux-ci qui peuvent perturbés les gênes clés liés au métabolisme et à la production des hormones.

Pour faire simple la transmission du SOPK de manière héréditaire est inévitable. Seules les mesures hygiéno-diététiques apprises aux jeunes filles très tôt leur permettront de réduire le terrain d’expression de la maladie. Elles pourront en souffrir moins intensément que les mères et les grand-mères.

L’obésité comme terrain fertile

Le surpoids et le SOPK sont liés. Pour la femme qui en a les prédispositions (comme dans le cas cité plus haut), l’obésité et le surpoids peuvent déclencher l’apparition de la maladie.

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Comment diagnostiquer le SOPK ?

Il apparait tantôt à la puberté lors des premières règles, tantôt à un âge plus avancé. Toujours est-il qu’il est souvent diagnostiqué quelques années après son apparition.

Les symptômes du syndrome des ovaires polykystiques se manifestent différemment d’une femme à une autre et la gêne occasionnée varie en intensité également.

Les principaux symptômes

  1. Un trouble de l’ovulation marqué par un cycle menstruel irrégulier et/ou très long allant de 35 à 45 jours.
  1. Une anovulation qui se caractérise par l’absence totale des règles.
  1. L’hyperandrogénie. Les ovaires produisent plus d’androgènes que nécessaire et particulièrement la testostérone.

Elle s’observe par :

  • Une hyperpilosité : un excès de poils au menton, sur le visage, au-dessus de la lèvre supérieure, sur le torse, le dos et les fesses.

Il n’est pas rare de voir des femmes africaines couvertes de poils notamment au visage, au menton, sur la poitrine ou les jambes. Cette caractéristique serait-elle davantage un marqueur culturel qu’autre chose ? On déplore néanmoins le fait que le SOPK soit encore sous-diagnostiqué en Afrique.

  • De l’acné et une peau grasse qui perdurent. On les met sur le compte des effets de la puberté jusqu’à 20 ans, au-delà, il faut rechercher la cause.
  • Une chute des cheveux sur les tempes et le sommet de la tête.
  1. La prise soudaine de poids est l’une des pistes explorées. Pas en tant que symptôme isolé bien entendu. Le lien entre le SOPK et la prise de poids est connu d’autant plus si la patiente a des difficultés à maigrir naturellement.

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Les manifestations secondaires

Ces symptômes sont moins occurrents que les premiers, bien que recensés chez les personnes atteintes du SOPK :

  • L’anxiété ;
  • La fatigue ;
  • Une tendance à la déprime ;
  • Les apnées de sommeil en cas de surpoids et d’obésité.

Les complications du SOPK

L’infertilité, les grossesses à risque et le cancer de l’endomètre sont autant de risques auxquels sont exposées les patientes.

➡ S’agissant de l’infertilité, les difficultés à tomber enceinte sont dues à un trouble de l’ovulation.

Les femmes n’ayant jamais enfanté et les femmes ayant eu une ou plusieurs maternités sont tout aussi concernées.

➡ Quant aux grossesses à risque les femmes enceintes souffrant de SOPK sont fortement prédisposées au diabète gestationnel, à une pré-éclampsie et à un accouchement prématuré.

➡Les maladies métaboliques et cardiovasculaires ne sont pas en reste.

À cause du surpoids, le SOPK peut à la longue induire des maladies métaboliques telles que l’insulinorésistance et finalement un diabète de type2. Les risques de faire une hypertension artérielle, un AVC, un infarctus ou même une angine de poitrine sont assez élevés.

➡ Dans des cas extrêmes, le cancer de l’endomètre est une complication du SOPK.

Comment soulager la maladie ?

En apaisant les symptômes.

Une bonne hygiène de vie, une alimentation anti-inflammatoire équilibrée et très variée apportent leurs lots de bienfaits contre les risques de maladies métaboliques et cardiovasculaires.

Pour les femmes en surpoids, une perte de poids est bénéfique dans la réduction de l’hyperandrogénie et l’optimisation de la fertilité. N’hésite pas à pendre rendez-vous avec un diététicien nutritionniste pour un accompagnement personnalisé car toutes les femmes n’en souffrent pas de la même façon.

Dans certains cas, la prise d’œstrogènes, de progestérone et d’anti-androgènes par voie médicamenteuse s’avère efficace pour baisser le taux d’androgènes et lutter contre l’hirsutisme ou hyperpilosité.

Sources :

  1. https://www.inserm.fr/dossier/syndrome-ovaires-polykystiques-sopk/
  2. https://www.inserm.fr/actualite/transmission-sopk-mere-en-fille-epigenetique-en-cause/
  3. https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/polycystic-ovary-syndrome
  4. https://www.bag.admin.ch/fr/phtalates

Tu as des questions ? Fais-les-moi savoir en commentaire. 😉

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